Jean Francois Bizot: Mais C’était qui ce mec?

Malgré la mort de Jean François Bizot, son fondateur, il y a quatre ans et la concurrence croissante de Deezer, Radio Nova a bien vieilli : elle n’a en réalité jamais autant été écoutée. Portrait d’un magicien J’ose, indissociable de sa création.

En 1970, Bizot reprend le magazine Actuel, symbole de la free press, qui défendait ouvertement des leurs débuts des mouvements sociaux occultés et réprimés : reconnaissance des homos, antiracisme, écologie, libération de la femme, etc… Le magazine cessa entre 1976 et 1979, estimant ne pas se renouveler, ne rien avoir à dire dans l’immédiat. Il cessera définitivement en 1994 mais entre-temps, Bizot en avait déjà, en 1981, crée Radio Nova. Actuel deviendra une référence du journalisme : véritable laboratoire d’idées et pépinière de talents. C’est ainsi que dès la fin d’Actuel, pour appuyer la radio, Bizot lance Nova Mag, Mensuel au format papier, qui lui aussi, pour de basses raisons économique, ne durera « que » 10 ans. Le dernier éditorial du magazine explique donc :

« Nous, soutiers de la presse et fiers de l’être, avons vécu le grignotage de la souris. Ben oui, gratuit sur le Net, gratuit dans le métro, gratuit à la radio, et qui vous en voudra de sauter au-dessus du cadavre du Gutenberg ? Nous avons bien compris qu’il fallait vous prier, vous secouer, vous taper, vous taxer, vous baiser là où vous êtes réfugiés, sur le Net et ça se comprend, au fond de la recherche philosophique, poétique ou rebelle. Alors nous,comme vous, on se déplace. On ne coupera plus d’arbres tous les mois. Nous le ferons régulièrement, comme nous le sentirons. Sur le web pour les abonnés à la différence. »

Mais il reste Nova ! Dès sa création, Nova est en marge de la mode musicale, elle faisait découvrir de nouveaux courants musicaux : Jean Yves Lafesse, qui a fait ses débuts sur la radio affirma « Bizot était un agitateur de neurones, qui nous apprenait à nous libérer : avec lui, Nova ne suivait pas les modes : elle précédait les événements. La radio allait chercher ailleurs, donnait des choses à aimer : ma définition d’un vrai média ». Tout au long de son existence, Nova cherchait : des idées, des sons, tout ce qu’il faut pour un grand mix.

La mort de Bizot, auto-mécène de Nova, en 2007 a légèrement terni cette utopie hertzienne : elle a dû finalement accepter de se voir comme une entreprise et ainsi, étant donné qu’elle n’a pas de régie publicitaire propre, d’accepter de faire partie d’un groupement (géré par TF1 Publicité). C’est à dire qu’elle ne choisit ni le volume, ni le contenu des annonces publicitaires (En moyenne 12 minutes par heure actuellement). Mais ce n’est pas le plus important, pour lui, une radio libre est une radio qui ferme ses oreilles aux pratiques dominantes de ses voisines :

« On peut exister vite en assénant des tubes à coups de gourdin. Faire sonner le téléphone de la fraternité éphémère en donnant la parole à ces chers auditeurs. Renvoyer leur image au plus grand nombre. Changer de format pour leur coller au cul ou les envoyer promener pour rajeunir sa cible. C’est professionnel ».

Depuis 2006, la radio organise donc les Nuits Zébrées, émissions-concerts gratuits (quasi mensuels à Paris) à la programmation éclectique et novatrice. Des artistes encore peu connus mais au talent remarqué sont donc régulièrement invités : on y a donc vu Chinese Man, Beat Torrent,  Chapelier Fou, We Are Enfant Terribles, General Elektriks, Jehro, Oxmo Puccino, Wax Tailor, Beat Assailant etc…

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