Chapitre 1

Je me sens seule en ce moment. Perdue au milieu d’un salon élégant et boisé, la solitude s’insinue progressivement en moi. Pourtant je ne suis pas à plaindre, je fais les études que j’aime à l’ENSCP et j’ai des amis charmants. Mais un sentiment inexplicable, une sorte de vide blasé flotte dans l’air. La raison lucide qui constate ses propres limites. Je ne trouve pas les mots justes pour exprimer ma pensée et cela m’énerve tellement ! Je n’arriverai jamais à écrire quelque chose de convenable, qui vaille la peine d’être lu. Que j’aurais désiré posséder le style inimitable de Proust ! Là, j’ai juste l’impression de coller des mots ensemble, formant un ensemble incohérent et âcre à l’écoute, comme si dans mon désir d’extérioriser mes émotions, j’attache le plus d’adjectifs possibles à chaque nom, pour faire « long comme Proust » alors qu’en fait j’écris plutôt des phrases banales, ratées, médiocres… Ah mon portable a vibré. C’est Julie, va-t-elle m’apporter du réconfort dans ce salon froid d’élégance ?

Salut meuf ça va, il faut ab-so-lu-ment que je te raconte ce qu’il m’est arrivée ! Hier avec Medhi et Sophie on est allé au studio d’Hamza et tu sais son studio était trop bien foutu, y’avait deux petites chambres. Nous on est allé dans la grande avec le grand lit. On s’embrasse. Après ça monte en puissance et je fais : « on fait rien ce soir ». Il me fait : « oh pourquoi ? » Et après on continue, ça devient de plus en plus chaud. Pull, pantalon, disparus. Et là je fais « non on arrête ». Il me fait « pourquoi ? » Je réponds « pas le premier soir ». Il insiste « allez on est jeune ». Mais j’ai pas cédé tout de suite. Après c’était trop dur d’arrêter, et tu sais il m’embrasse, commence à descendre et me demande s’il peut plus bas et tout. Je fais « ouais non ». Enfin bref on continue et après on arrête et on a dormi vers quatre heures et quelques et quand on s’est réveillé à cinq heures et quelques on s’est embrassé un peu et puis on est parti. Et là j’ai un minuscule suçon donc je garde un foulard…Sinon j’espère que toi ça va, je suis trop heu-reu-se là si tu savais.

Je contemple mon portable sans le voir.

Nathalie a compris son problème, il lui manque un homme.

Marie G.

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