Episode 3 : Transactions

Plusieurs jours s’étaient écoulés depuis le séisme de Los Angeles. Pourtant, Muntz n’était toujours pas tranquille. Il lisait les rapports sur l’incident et n’était pas très convaincu par l’action de ses supérieurs pour gérer cette fuite. Le profil de l’agente envoyée sur place était particulièrement rassurant mais simplement il n’aimait pas que les choses s’éternisent. Après tout, c’est lui qui a été vu en train de secourir une rescapée aujourd’hui portée disparue.

Glenn Fillheart était un grand écrivain de fiction du XXIème siècle. Son style se montrait léger et son imagination semblait débordante. Pendant qu’il attendait dans la petite pièce sombre qui servait de lieu de rendez-vous, il eut les larmes aux yeux. Lorsqu’il avait commencé à écrire il était quelqu’un de brillant et d’orgueilleux qui n’aurait jamais accepté l’aide de quiconque. Pourtant, quand sa fille mourut quelques années plus tôt, ses histoires devinrent plates et le style qui les habillait pauvre et négligé. Cela ne passa pas inaperçu et il fut alors contacté par cet organisme. Depuis, ses deux derniers ouvrages étaient montés au top des ventes. Perdu dans ces souvenirs, il sursauta lorsque la porte s’ouvrit. Un grand blond avec des lunettes de soleil portait avec lui une mallette de petite taille. Glenn savait qu’elle contenait plusieurs fioles des vapeurs qui l’avaient tant aidé l’autre fois. Le représentant de TSK lui demanda 30,000$, en échange de 6 fioles. Sans hésiter, l’écrivain prit sa valisette sur le sol et la glissa vers son revendeur. En ouvrant pour vérifier, il ne put s’empêcher de lui adresser une pique :

«  Si tes bouquins continuent de cartonner, on va finir par prendre un pourcentage sur les prochains romans. »

Glenn rougit de honte tandis que son interlocuteur s’esclaffa.

Le directeur de PATCHINKO S.A était en fait terrifié à l’idée d’avoir un rendez-vous avec une représentante de TSK. Comme tout le monde à une époque il avait juré de ne jamais céder face à ce genre d’organisation sombre. Cependant avec le temps il s’était rangé en se rendant compte du contrôle absolu qu’ils exerçaient. Au téléphone, il comprit que l’agence de presse avait eu une information qu’elle n’aurait jamais dû obtenir et il resta calme. A l’instant où il avait raccrochait, il récupéra l’enregistrement en question et le cacha dans son bureau.

Youlia KSOW se présenta à lui comme une femme tout à fait charmante. Elle lui racheta la bande pour 10,000$ et lui demanda si quelqu’un s’était aperçu de quelque chose. Le directeur se souvint d’un de ses chefs d’équipe qui lui avait rapporté la disparition et d’un journaliste qui ne cessait de chercher l’enregistrement, jurant qu’il y avait vu une fille portée disparue. L’humiliation devait cesser, le vieil homme expliqua à Youlia que personne n’eut l’occasion de voir les images de la caméra, puisqu’une réunion de mise au point eut lieu à ce moment là. Elle estima qu’il ne mentait pas et était prête à se lever pour saluer l’homme quand on toqua à la porte. Furieux, le directeur allait renvoyer la personne quand Youlia prit la parole :

« Entrez ! ».

Elle sourit alors que le directeur semblait médusé de cette intervention, lui qui voulait que ces entretiens restent confidentiels. Un homme brun d’une vingtaine d’années entra. Il travaillait ici.

« Qu’y a-t-il jeune homme ?

– M. Le Directeur, je ne voulais pas vous déranger mais personne ne peut résoudre mon problème. Il y a quelques jours j’ai vu sur un direct une jeune femme être secourue par un pompier. Je n’y ai pas prêté attention jusqu’à ce que je tombe sur un papier signalant sa disparition et quand j’ai essayé de retrouver l’enregistrement, tout avait déjà disparu. »

Un éclair transperça le directeur qui eut instantanément des sueurs froides. Il devait penser vite à une parade, qui conviendrait à ses deux interlocuteurs.

«  Justement mon garçon, je vous présente Youlia, elle est inspecteur de police et va travailler à vos côtés pour éclaircir le problème.»

Il lut la surprise de la jeune femme dans les yeux, qui fut instantanément épatée par autant d’intelligence. Non seulement il l’avait prise à revers elle, mais il avait également écarté tout soupçon du jeune homme envers l’agence de presse pour un bon moment. Elle sourit et accepta sans broncher cette mission d’infiltration improvisée.

 Bruno K.A.

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