Episode 4 : Sous surveillance

Muntz était préoccupé. Il venait d’avoir sa promotion et il sentait qu’il allait déjà être mis à l’écart. De toutes les fois où il était allé sur le terrain comme petite main, il n’avait jamais eu de problèmes avec les médias. Mais cette fois, alors qu’il était enfin inspecteur, il avait fallu qu’il faiblisse en pleine intervention. Dans les yeux de la kidnappée, il avait perçu l’horreur et l’innocence de la jeune femme l’avait profondément touché. Son regard lui avait saisi les tripes et il ressentit alors lui aussi l’urgence de quitter ce désastre de débris et de sang, qui lui semblait d’habitude si naturel. Il se retrouvait maintenant dans le couloir qui menait au bureau rouge, réservé à l’un des six frères à la tête de TSK. Il avait reçu un mail pour sa convocation et c’est seulement en toquant à la porte qu’il réalisa qu’il s’agissait d’un moyen assez inhabituel pour ce genre de problème. Il fut prier d’entrer et reconnut Jimmy Lesburg, le grand patron de la filiale Etats-Unis, qu’il n’avait aperçu que deux ou trois fois à TSK. En effet, M. Lesburg était un député de Californie très connu qui avait fait plusieurs unes pour des implications dans des réformes sociales. Une couverture idéale pour un homme irréprochable.

C’est seulement au bout de deux semaines que Dylan s’était rendu compte de tout. Il n’avait pas fait le lien, en se préoccupant séparément des deux problèmes. D’une part, il cherchait toujours à retrouver cette disparue, en comparant les images de toutes les caméras. Dans le même temps, il avait cette nouvelle collègue, qui était sensée enquêter avec elle et qui lui faisait sans cesse du charme. De plus, elle l’avait réinterrogé une dizaine de fois sur cette scène avec la jeune femme. Puis, un jour qu’il voulut la rejoindre dans son bureau pour déjeuner avec elle, il entendit son nom lors d’une conversation téléphonique. Intrigué, il resta à la porte pour écouter. Il lui fallut quelques minutes pour se remettre de ce qu’il intercepta. De ce qu’il avait compris, Youlia avait l’intention de le tuer mais elle n’avait pas trouvé le bon moment et ses supérieurs semblaient lui mettre la pression. Il prit alors soudainement conscience qu’elle l’avait invité chez lui ce soir. Si il n’y allait pas cela paraîtrait suspect.  Il s’est dit qu’il trouverait bien un moyen de lui échapper une fois là-bas. Dans un état de panique latent, il avait contacté un vieil ami d’enfance, détective qui collaborait souvent avec la police.

Muntz avait longuement discuté avec le grand patron. Alors même qu’il se sentait inquiéter, celui-ci l’avait fortement rassuré sur sa position hiérarchique et sur cette affaire. Il lui avait demandé si ça allait, lui avait expliqué que c’était des choses qui arrivaient à tous dans le métier et qu’il avait eu de la chance que seul un petit journaliste en fut témoin. En franchissant le pas de la porte en sortant il se sentit vraiment soulagé. A l’intérieur, une ombre sortit d’un coin de la pièce. Un jeune homme tout de noir vêtu apparu. C’était Albert, le jeune frère des six hommes au pouvoir. Il était un spécialiste de l’élimination. Jimmy prit la parole, de façon très froide :

« – Suis-le et si jamais il dérape, tu t’en débarasses. Prend les vapeurs de trauma avec toi. »

Albert sourit et ouvra un tiroir dans lequel il prit une fiole bien scellée. Dessus on pouvait y lire « World Trade Center – 2001 »

Dylan répondait à l’invitation. Il avait raconté toute l’histoire et confié ses craintes à son ami détective. Son ami s’esclaffa lorsqu’il lui expliqua qu’il pensait qu’une organisation dans l’ombre était à l’origine de tous ces mystères. Pourtant il avait décidé de le convaincre et pour cela il devait avoir plus d’informations. Pour le dîner, il avait ramené des cookies et se tenait maintenant dans l’entrée de chez Youlia. Situé en banlieue proche, l’appartement était dans un immeuble charmant et la décoration était plutôt moderne. On sentait une femme de goût. Qui croirait qu’une assassine froide pouvait se cacher derrière cette chaleureuse jeune femme ?

Pour chaque plat, il vérifiait qu’elle le serve d’un plat dans lequel elle se servait aussi et ne quittait jamais les assiettes des yeux, attendant toujours qu’elle mange avant lui. Alors qu’ils arrivaient aux cookies et qu’elle apportait du café, elle lui fit remarquer que son comportement était étrange. Il décida alors de jouer carte sur tables et lui expliqua qu’il savait tout et qu’il allait tout révéler. Elle sembla d’abord surprise puis furieuse de telles accusations à son égard. Quand il ajouta qu’il était inutile de nier parce qu’il avait intercepté une conversation, elle se mit à tout avouer. Elle confirmait une à une ses hypothèses : d’abord sur sa surveillance, puis sur son intention de le tuer en tant que témoin génant et enfin sur une certaine organisation dans l’ombre qui kidnapperait des gens. Satisfait de ces aveux précipités, Dylan pris un cookie, le trempa dans son café et le croqua. C’est seulement en avalant qu’il se rendit compte de son erreur. Alors qu’il tombait raide mort, il sourit en pensant à l’appel qu’il avait passé quelques minutes plus tôt, le téléphone caché dans sa poche intérieur de veste.

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