Aïda – Verdi

A l’Opéra Bastille

dgr

Sans doute la scène du triomphe scelle-t-elle, dans la monumentalité et l’éclat de ses trompettes – aussi authentiques que l’égyptologie du dernier tiers du XIXe siècle pouvait les concevoir –, l’alliance du sabre et du goupillon. Terrible machine à broyer les individus, qui finit par les emmurer vivants. « “Tu in questa tomba ?” éclatait la voix, d’une séduction indicible, à la fois douce et héroïque, de Radamès, effrayé et ravi… Oui, elle l’avait rejoint, la bien-aimée, pour l’amour de qui il avait perdu la vie et l’honneur, elle l’avait attendu ici pour mourir avec lui, et les chants qu’ils échangeaient à ce propos, parfois interrompus par la sourde rumeur de la cérémonie qui se déroulait au-dessus de leurs têtes, ou dans lesquels ils s’unissaient, c’était ces chants qui, en réalité, avaient ému jusqu’au fond de l’âme l’auditeur solitaire et nocturne, tant à cause de la situation que de l’expression musicale. Il était question du ciel dans ces chants, mais eux-mêmes étaient célestes, et ils étaient chantés divinement », écrit Thomas Mann dans La Montagne magique. Et si Aida était, au miroir de la Messa da Requiem – que le chef d’orchestre Hans von Bülow qualifia hâtivement d’ « opéra en habit ecclésiastique » – un requiem en costumes égyptiens, dont les ultimes mesures, nimbées d’un halo pianissimo, morendo, sempre dolcissimo, s’élèvent in paradisum.

Mardi 28 juin 2016-19h30

16 places catégorie 6 – 21€ l’unité

2 réflexions sur “Aïda – Verdi

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